Azz Ulawen Troisième recueil d'Abdeslam Nassef Notes de lecture: Il est des lectures ludiques qui procurent autant de plaisir que de vérités. C'est le cas de ma lecture à l'ouvrage poétique de Nassef Abdeslam intitulé: « Azz Ulawen »,recueil que j'ai parcouru à la manière d'un collégien appliqué à la chasse à l'intrus. Le résultat n'en est pas moins surprenant et la découverte également intéressante. En effet,sur les 49 poèmes du recueil composés en majorité d'une unique strophe,les emprunts à la langue arabe usité par l'auteur sont au nombre de 337 vocables. Dieu sous des dénominations variées:(Allah,Soubhanak,Moulana,Ilahi...) a été évoqué et invoqué au moins dans 26 poèmes dépassant ainsi la moitié du recueil. La présence du pronom personnel est notée dans 38 poèmes en tant que déictique d'interlocuteur. A partir des trois données de lecture précitées en relevé et en relation étroite avec la thématique prisée par l'auteur,en l'occurrence le mysticisme et la religiosité,une lecture analytique des trois données oriente le lecteur aux déductions suivantes:
Abdeslam Nassef est poète d'expression amazigh: La poésie de Nassef est certes amazigh mais sans être influencée forcément par le Mouvement Culturel Amazigh. Force est de constater en effet qu'aucun poème d'Abdeslam ne fait allusion à Tamazight en tant que cause culturelle et matière à revendication identitaire. Elle est de ce fait poésie amazigh dans le sens où le poète s'exprime dans sa langue maternelle. La langue de Nassef n'est pas recherchée,ne comporte aucun terme ni néologisme prônés par les intellectuels amazigh. Il utilise la langue usuelle sans trop se soucier de la quête de termes purement amazigh d'où l'abondance et la fréquence de mots emprunts à la langue arabe. Le mysticisme du poète impose également l'emploi du registre religieux donc forcément arabe.
Abdeslam Nassef est poète de l'Islam: Si Abdeslam évoque Dieu dans plus de la moitié des poèmes formant son recueil « Azz Ulawen » et contrairement aux poètes Imazighen contemporains, on ne peut qu'affirmer sans nul doute que la religion occupe une place primordiale dans sa poésie. Si l'on prend à titre d'exemple sa « Tawchkint »(dédicace),l'on s'aperçoit aisément qu'il y fait appel à « ses frères » musulmans en citant plusieurs pays comme Afghanistan,Palestine, Somalie,Irak...en leur faisant part de son appartenance religieuse. C'est que pour le poète mystique qui arpente les lieux déserts et se recueille sur les tombeaux des saints hommes,l'Islam est une composante ou voire une source d'inspiration poétique personnelle de grande importance.
Abdeslam Nassef est poète de la joute ou « Taneddamt »: Le poète Abdeslam Nassef est visiblement influencé par l'art de « Taneddamt » et de l « Abaraz »(Poésie improvisée sur l'aire d' »Ahwach » qui met en scène deux chantres se donnant la réplique poétique improvisée. Cette influence réside chez Nassef dans la fréquence du pronom personne « Tu » ou « Toi » évoqué dans 38 poèmes sur 49 poèmes du recueil. Cette tradition orale folklorique spécifique à Ahwach a visiblement marqué Nassef qui s'imagine face à un rival parolier dont le lecteur est le substitut dans la poésie écrite;façon pour impliquer directement le lecteur dans le poème.
Farid Mohamed Zalhoud Aday Tafraout Maroc Le 24/06/2009
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AZZ ULAWN
Le poète Amazigh Abdeslam Nassef vient de publier son troisième recueil de poèmes intitulé « Azz-ulawn » .A compte d'auteur et après ses deux premiers recueils: »Derst Isuqqas » et »Asenfu gh usafu »,le poète d'Issafen continue à donner le meilleur de lui-même et à offrir à ses lecteurs amazigh une matière poétique de grande valeur malgré les difficultés qu'il rencontre sur le plan de l'édition,de la distribution et de la médiatisation. Un titre qui rappelle étrangement celui de l'un des recueils du poète français Boris Vian « Accroche-coeur »;sauf que chez Nassef,le titreserait rendu ainsi « Approche-coeurs ».Le poète dans le souci de se rapprocher des lecteurs entame un périple spirituel et existentiel en glanant sur son trajet de voyageur errant des mots inspirés par sa vision singulière du monde,un monde sans frontières qui est fait pour tous les humains sans considération aucune et dans le droit à la différence qui fait sa richesse. L'image de la couverture est à elle seule une illustration iconique qui représente parfaitement cet élan noble vers autrui;l'homme au regard lointain et visionnaire n'est autre que notre poète en son costume traditionnel ;le poète voit paraît-il ce que nous ne pouvons pas voir;le firmament amplement révélateur d'un départ vers une quête spirituelle;quelques nuages d'été qui n'annoncent guère d'orages,un moment propice du départ vers des horizons clairs et hospitaliers. Le recueil de Nassef où plutôt la ruche de notre abeille butineuse comporte un miel sauvage et suave;rien que des mots pour guérir nos maux,rien que des vers de rêves pour rapprocher nos cœurs et ceindre en un notre espoir à tous .Soixante-douze poèmes en tout transcrits en trois graphies :Le caractère Tifinagh,le caractère latin et le caractère Arabe ou Araméen,chose qui faciliterait la lecture à un large lectorat Amazigh. Nous félicitons notre ami poète Abdeslam qui continue son chemin dans la création poétique Amazigh pour son troisième «bébé »(...Il aime bien nommer ses ouvrages ainsi...) et lui souhaitons une très bonne continuation,brillant succès et fructueuse inspiration.